Alors que le monde de la F1 était tranquillement installé dans le paddock du Grand Prix de Chine 2026, une nouvelle peu reluisante, qui n’a pas surpris grand monde, est tombée : l’annulation des GP de Bahreïn et d’Arabie Saoudite, prévus respectivement les weekends du 12 et 19 avril 2026. Un secret de polichinelle, devenu enfin public, logique, tant la situation au Moyen Orient est compliquée en ce moment.
Pour vous, We Are Checking fait le point sur la situation et ce que cela implique en matière d’organisation pour les équipes. L’occasion également de revenir sur les précédentes annulations de l’histoire et de se demander si ces deux GP auraient pu être remplacés.
Rappel sur la situation au Moyen Orient qui a conduit à l’annulation de ces 2 courses
Une situation qui dire depuis des décennies…
Depuis de nombreuses années, l’Iran et les États Unis sont clairement des adversaires. Le point de bascule ? 1953 et le coup d’Etat orchestré par les USA sur fond de nationalisation du pétrole. Entre tensions autour du nucléaire iranien, sanctions des USA et influence régionale, ce n’était qu’une question de temps avant que la situation ne bascule. Une première escalade majeure en juin 2025, qui vit Israël et les USA mener des frappes contre des sites nucléaires iraniens, a mis de l’huile sur un feu déjà actif.
Avec les nombreuses manifestations en Iran début 2026 qui ont débouché sur des répressions sanglantes, les États Unis ont menacé ouvertement l’Iran d’une intervention si la situation continuait. Chose promise chose due fin février 2026, avec le lancement de frappes massives contre les installations iraniennes, qui furent suivies dans la foulée par une riposte, puis deux, puis trois… Depuis cette date, le conflit a laissé place à une guerre ouverte qui s’est étendue à toute la région.
… et qui impacte aujourd’hui le monde de la F1 !
Et les GP de Bahreïn et d’Arabie Saoudite dans tout ça ? Si on ouvre une carte du monde, on remarque que ces deux pays sont assez proches de l’Iran et d’Israël, en plein sur la trajectoire de potentiels missiles. Inutile de dire que l’annulation n’était qu’une question de jours, la FOM voulant tout d’abord patienter pour voir comment la situation pouvait évoluer. Mais l’annulation de la manche d’ouverture du championnat du monde d’endurance (le WEC) au Qatar fut le premier domino qui entraîna les décisions que l’on connaît aujourd’hui.
Ainsi, compte tenu de la situation tendue dans la région, il était impensable pour la Formule 1 de tenir des Grand Prix au Moyen Orient. D’autant plus que le propriétaire de la F1, Liberty Media, est une entreprise… américaine ! Une cible de choix pour le régime iranien me direz vous. Cette annulation laisse donc le calendrier F1 vierge de tout GP en avril et les fans sevrés de course pendant 5 semaines… Par ailleurs, il n’est pas impossible que les GP du Qatar et d’Abu Dhabi (en fin d’année) soient menacés si la situation n’évolue pas positivement…

Carte du Moyen Orient. On peut voir le Bahreïn et l’Arabie Saoudite au milieu de cette carte
L’annulation des GP de Bahreïn et d’Arabie Saoudite : pas une première
Les GP du Bahreïn et d’Arabie Saoudite ne sont pas les premières courses dans l’histoire de la F1 à subir une annulation. Récemment, on se souvient du Grand Prix d’Emilie Romagne 2023, qui fut annulé à cause d’inondations majeures en Italie. Mais également de la pandémie de COVID-19, qui avait forcé la FIA à annuler le Grand Prix d’Australie 2020 au dernier moment et à reconstruire un nouveau calendrier pour tenir compte des normes sanitaires (ce qui a affecté les GP de Chine, France, Monaco et plein d’autres…).
D’ailleurs, Bahreïn avait déjà connu une annulation d’épreuve en 2011, la faute à une l’instabilité politique dans la région et qui avait contraint les organisateurs à ne pas rouler dans l’Émirat. Autrement, il faut remonter à 1969 et le Grand Prix de Belgique pour voir une course annulée suite à un boycott des pilotes ! A noter d’ailleurs que le Grand Prix de Belgique 2021 fut tout de même considéré comme couru malgré 3 tours sous Safety Car (et des trombes d’eau), tout comme le Grand Prix d’Arabie Saoudite 2022, qui vit pourtant des bombes exploser à quelques kilomètres du circuit…
Et si on avait reprogrammé/remplacé les GP de Bahreïn et d’Arabie Saoudite en lieu et place d’une annulation ?
Bonne question me direz vous ! En effet, plutôt que d’effectuer une annulation pure et simple des GP de Bahreïn et d’Arabie Saoudite, la FOM aurait tout simplement pu les repositionner à un autre moment de la saison. Malheureusement, un calendrier trop chargé a eu raison de cette idée, les seuls emplacements disponibles étant mai et septembre. Et si vous n’êtes pas familiers avec la météo de la région, sachez qu’il fait très chaud en mai & en septembre au Bahreïn et en Arabie, ce qui a rendu tout report impossible.
Et pourquoi ne pas remplacer ces dates par d’autres GP me direz vous ? L’idée fut évoquée et de nombreux noms ont circulé comme Istanbul, Imola ou Portimao. Malheureusement, l’annulation officielle fut annoncée le 14 mars 2026, ce qui ne laissait qu’un mois à un éventuel remplaçant pour se préparer. Autant dire un délai beaucoup trop court, les circuits ayant en moyenne 6 à 12 mois de préparation avec le jour J (billetterie, installations, autorisations, sécurité, logistique…).

L’impact de l’annulation du GP de Bahreïn/Arabie Saoudite sur les équipes
« Et maintenant, on fait quoi ? ». Au delà de cette citation un peu bateau, la question est bien réelle : comment occupe-t-on les équipes de F1 avec ces 4 semaines de pause ? Une pause qui n’était clairement pas prévue et qui chamboule tout un calendrier. Mais vous allez voir que les écuries de Formule 1 ont largement de quoi faire avant de se rendre à Miami début mai.
Des tests supplémentaires pour comprendre les voitures
Qui dit pause forcée dit possibilité pour les équipes de tester leurs voitures pour mieux les comprendre ! En effet, vous n’êtes pas sans savoir que nous avons désormais un nouveau règlement moteur et aérodynamique, soit le plus grand changement de l’histoire de la Formule 1, et que les écuries de F1 n’ont pas encore maitrisé à 100% le potentiel de leurs nouvelles voitures.
Ainsi, cette pause est donc une occasion en or pour les écuries de F1 de travailler à l’usine et de rouler au simulateur, voire même d’organiser des séances de roulage, pour mieux maîtriser le règlement 2026. Le tout en vue d’obtenir un maximum de données possibles pour comprendre comment améliorer la performance de l’auto, voire la faire évoluer.
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Du temps de développement supplémentaire
En parlant d’évolution, le temps de pause forcée est une opportunité pour les équipes de se consacrer au développement de leurs nouvelles voitures 2026, afin de combler un maximum les écarts, que cela soit entre les top teams (Mercedes et Ferrari), les poursuivants (McLaren et dans une moindre mesure Red Bull) et les écuries du midfield (Racing Bulls, Haas, Alpine…).
D’ailleurs, quand on s’appelle Aston Martin et qu’on n’a toujours pas fini un Grand Prix en 2026 à cause de la fiabilité, on se dit que cette pause de 4 semaines est une occasion parfaite pour commencer à fiabiliser la voiture et commencer à travailler sur des évolutions permettant de remonter petit à petit dans le midfield. C’est d’ailleurs l’écurie qui en aura le plus besoin !
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A l’arrivée : une dynamique différente pour les équipes ?
Une annulation des GP de Bahreïn et d’Arabie Saoudite n’est pas sans conséquence sur la suite de la saison 2026 de F1. Outre l’aspect financier, avec moins de revenus générés par deux des plus gros promoteurs de la F1 (même si les équipes vont économiser sur la logistique), la dynamique sportive peut changer du tout au tout en faveur d’équipes qui jusqu’à présent n’étaient pas considérées comme favoris. Voire même bousculer la hiérarchie parmi les favoris !
En effet, avec deux GP en moins, la règle de mesure du taux de compression à chaud sur les moteurs (dont le fameux moteur Mercedes) va arriver plus vite que prévu, ce qui signifie moins de points concédés/glanés entre temps. Tout comme l’ADUO (pour Additional Development and Upgrades Opportunities), qui pourra arriver beaucoup plus vite que prévu et redistribuer plus vite les cartes (Miami étant déjà le prochain rendez vous après le Japon). Ce qui sera sans doute bénéfique pour des équipes en manque de performances comme Aston Martin ou Red Bull.
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En conclusion
Même si, économiquement et sportivement, l’annulation des GP de Bahreïn et d’Arabie Saoudite est un crève cœur pour les amoureux du sport auto et pour la discipline, la FIA/FOM ont pris la bonne décision en ne prenant pas de risques inutiles. L’épisode de l’Arabie Saoudite 2022 est encore dans toutes les têtes, et il est inconcevable de se mettre en danger plus que ce qu’il ne faut. Après tout, cela ne reste que du sport…
Ainsi, même si la F1 ne roule pas en piste, les équipes ne vont pas s’arrêter pour autant, et vont continuer de travailler pour s’améliorer et bousculer la hiérarchie. Soyez en sûrs, le mois de mai va être intéressant et va peut être voir un vent de renouveau au sein de la discipline, pour l’instant largement dominée par Mercedes…
Et vous, que pensez-vous de l’annulation des GP de Bahrein et d’Arabie Saoudite ? N’hésitez pas à en débattre dans les commentaires 🙂

