A l’arrivée de chaque course de Formule 1, We Are Checking vous propose de revenir sur un fait marquant de l’épreuve écoulée. Quoi de mieux, pour ce premier Grand Prix de F1 de 2026 en Australie, que d’évoquer la victoire de George Russell. Le pilote Mercedes s’est en effet brillamment imposé devant son coéquipier Andréa Kimi Antonelli et le pilote Ferrari Charles Leclerc. Retour sur une course menée de main de maître par le pilote britannique.
En arrivant au paddock de Melbourne à l’occasion du Grand Prix d’Australie de F1 2026, la présence des Mercedes au premier plan ne faisait aucun doute. A l’issue des 58 tours de course, l’identité du vainqueur ne surprenait personne : George Russell, l’un des favoris de cette nouvelle saison de Formule 1 (si ce n’est LE favori) s’est brillamment imposé en terres australiennes. Non sans mal certes, mais avec une gestion de fin de course impeccable et (tout de même) un petit coup de pouce du destin…
Un vendredi poussif en mode « poker menteur »
Pourtant, si on se fie aux statistiques officielles, on aurait pu craindre que le weekend ne se passe pas comme prévu pour les flèches d’argent. Hors du top 5 lors de la séance d’essais libres 1 (ou FP1), puis 3e à 3 dixièmes du héros local, Oscar Piastri, lors de la séance d’essais libres 2 (ou FP2), George Russell et Mercedes ronronnaient et construisaient patiemment leur weekend. De quoi donner un espoir aux concurrents ?
Pas vraiment. Avec l’affaire du moteur Mercedes qui a agité le paddock en début de saison et les essais d’avant saison au Bahreïn, personne n’était dupe, malgré les déclarations de Toto Wolff (le patron de l’écurie) et de ses pilotes. Nous avions pu voir que le rythme sur les pneus durs était très bon, et après analyse de la télémétrie, que Mercedes cachait son jeu. Eh oui, il fallait bien rentabiliser les cours de théâtre pris durant l’intersaison 🙂
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Une qualification en guise de gifle magistrale
Comme le dit l’adage du monde de la Formule 1, la FP1 sert à vérifier que tout fonctionne, la FP2 sert à simuler le rythme de course et la FP3 à préparer les qualifications. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que quand Mercedes s’est enfin décidée à mettre son moteur en mode pleine puissance, le résultat fut sans appel : 6 dixièmes d’écart avec Lewis Hamilton (2e) et presque 8 dixièmes avec Charles Leclerc (3e). Le premier constructeur motorisé Mercedes ? McLaren, avec à son bord Piastri, quatrième avec 1 seconde de retard ! Etourdissant…
Et les masques tombèrent (finalement)… et les chronos aussi ! Pôle position de George Russell avec 3 dixièmes d’avance sur Kimi Antonelli, son coéquipier, et presque 8 dixièmes sur Isack Hadjar le premier pilote non motorisé Mercedes. Autant vous dire que la gifle fut magistrale et a fait ressortir chez de nombreux fans (dont notre rédaction) des souvenirs peu flatteurs de la saison 2014, qui avait vu Mercedes dominer la discipline avec seulement 3 courses sur 19 remportées par un pilote non Mercedes.

Une première partie de course assez tendue
Autant vous dire que ce n’est qu’avec peu d’entrain que nous nous sommes levés ce matin pour voir le départ du Grand Prix de F1 d’Australie 2026. La qualification nous avait vraiment déçus, avec des pilotes/voitures qui n’étaient pas poussés à 100% et avec des pertes de vitesses en ligne droite inimaginables en sport auto. La course en revanche, fut une autre histoire : Russell se fait surprendre dès le départ par Leclerc qui jaillit de la 4e place pour prendre la tête de la course. Le moteur Ferrari est particulièrement bon sur les départs et la voiture bien née, ce qui a rendu la tâche du pilote anglais plus ardue.
Pendant les 10 premiers tours de course, nous avons assisté à une bataille intense pour la mène, avec deux pilotes qui se répondaient coup pour coup. Il est encore trop tôt pour voir Leclerc comme le rival principal de Russell pour cette saison, mais cela nous a donné un avant goût plutôt prometteur. Le pilote monégasque avait d’ailleurs creusé l’écart sur le pilote anglais, qui voyait revenir Lewis Hamilton dans ses rétroviseurs. Et puis…
Une deuxième partie de course tout en gestion
Et puis arrive le tour 11. Isack Hadjar, qui était en train de faire une belle première course avec Red Bull, voit son moteur partir en fumée. Un crève-cœur pour le français. Virtual Safety Car. L’occasion en or pour les deux pilotes Mercedes de rentrer au stand pour changer de pneus sans trop perdre de temps. Un pari que ne va pas tenter Ferrari. Grave erreur ? Non, sur un premier Grand Prix de nouvelle réglementation, de nombreuses incidents divers peuvent arriver. Comme au tour 16 avec Valtteri Bottas qui décide de garer sa Cadillac en double file à l’entrée des stands.
Une aubaine pour les rouges ? Pas vraiment, au moment où les deux pilotes arrivent dans le dernier virage, la voie des stands se ferme pour permettre aux commissaires d’intervenir en toute sécurité. Une décision de la direction de course très discutable (surtout quand d’autres concurrents ont pu s’arrêter avant eux), qui offre un boulevard aux flèches d’argent. Ainsi, quand Leclerc et Hamilton passent aux stands pour leur arrêt obligatoire pour changement de pneus, l’écart est fait : 10 secondes d’avance pour Russell soit… le temps qu’il faut pour s’arrêter sous VSC ! Un écart conséquent, qui deviendra définitif…

Alors que les Ferrari pouvaient rivaliser avec les Mercedes tant qu’elles restaient au contact et en bataille, elles n’ont pas été capables de revenir sur les pilotes de tête une fois les arrêts aux stands effectués, tant la Mercedes fut démoniaque sur le rythme de courses malgré des pneus moins frais. George Russell ainsi débarrassé de son rival et de son coéquipier qui a raté son départ (et qui a du batailler dans le peloton), a pu contrôler la course, gérer ses pneus pour ne faire qu’un seul arrêt et faire fonctionner sa stratégie. Et surtout passer la ligne en vainqueur, une victoire bien méritée tout en gestion. Avec aussi une bonne intuition de son écrie de rentrer au tour 11.
En arrivant à Melbourne pour le Grand Prix de F1 d’Australie 2026, George Russell était l’un des favoris pour la victoire et il a su aller la chercher d’une main de maître. Pour prendre la tête du championnat du monde des pilotes et s’affirmer comme un sérieux client à la couronne suprême. Cette affirmation est elle un peu prématurée ? L’avenir nous le dira. Cependant, en ce 8 mars 2026, Prince George est devenu roi.
Prochain rendez vous de la saison : Grand Prix de Chine – dimanche 15 mars à 8h (heure française)
Et vous, qu’avez vous pensé du Grand Prix de F1 d’Australie 2026 et de la victoire de George Russell ? N’hésitez pas à débattre dans les commentaires 🙂

