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5 concepts que la Formule 1 pourrait emprunter au MotoGP

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Avec le retour du MotoGP ce 1er mars 2026, qui a vu la victoire de Marco Bezzecchi avec son Aprilia, on peut être tenté de faire une comparaison avec la Formule 1 sur certains aspects, d’autant plus que la catégorie reine de moto est désormais détenue par Liberty Media, le promoteur… de la F1 ! Avec cette acquisition, il ne sera pas donc exclu de voir davantage de passerelles entre les deux catégories reines de ces sports mécaniques, comme des weekends communs sur les mêmes circuits.

Au delà de cette idée, nous pouvons creuser un peu plus l’analyse et la comparaison, en voyons ensemble aujourd’hui 5 concepts que la Formule 1 pourrait emprunter au MotoGP . L’idée étant d’améliorer les weekends de course et l’équité sportive.

Le « drop one position », ou « rends la position vilain garnement »

Premier élément qui nous a semblé pertinent pour la Formule 1 et dont le MotoGP dispose déjà : la règle du « drop one position ». Concrètement, en cas de dépassement dangereux ou illicite de la part d’un pilote MotoGP, la direction de course peut obliger le pilote incriminé à « rendre la position » et ainsi laisser passer le ou les pilote doublés de manière non réglementaire. En cas de non respect de cette règle, le pilote doit observer un « long-lap », un tour un peu plus long qu’à l’accoutumée.

Cette règle est intéressante car en Formule 1, le pilote ayant commis une infraction va écoper généralement de 5 à 10 secondes de pénalité, ce qui dans la plupart des cas ne répare pas le préjudice subi (comme doubler de manière illicite, doubler en percutant ou forcer un pilote hors de la piste). En effet, quand un compétiteur dépasse, il a bien souvent le temps de prendre le large (surtout s’il pousse quelqu’un), ce qui lèse le pilote qui a subi le préjudice.

Notre avis : la règle du « drop one position » serait intéressante car elle permettrait de mettre fin à des litiges survenus suites à des manoeuvres controversées, surtout quand les pénalités de temps n’apportent rien (si le pilote est beaucoup plus rapide par exemple). On pense notamment au dépassement de Norris sur Tsunoda en 2025, où le pilote anglais avait doublé hors piste et aurait du rendre la place au pilote japonais, pour mieux le doubler par la suite (et cette fois dans les règles de l’art).

Mettre fin au parc fermé en Formule 1 ?

En Formule 1, et contrairement au MotoGP, il existe une règle assez contraignante pour figer les réglages des voitures : le parc fermé. En d’autres termes, à l’issue des séances d’essais libres, les équipes de F1 doivent faire un choix de réglages (aérodynamique, suspension, moteur, réglages mécaniques majeurs…) qu’ils devront ensuite garder… pour le restant du weekend ! En cas de changement trop important (sauf lors d’un weekend sprint, où il est autorisé de faire un réglage entre la course sprint et la qualification), le pilote concerné devra s’élancer depuis la voie des stands et non de la grille de départ.

En MotoGP, cette règle n’existe pas. Les pilotes et les équipes peuvent effectuer des réglages comme bon leur semble. La seule condition étant de rester dans les limites liées à la conformité et l’homologation des pièces. D’ailleurs, les pilotes disposent toujours de deux motos, avec notamment un setup pour les conditions sèches et un setup pour les conditions humides.

Notre avis : nous sommes favorables à l’assouplissement du parc fermé, notamment lors de conditions comme au Grand Prix de Belgique en 2025 (conditions sèches le samedi, mouillées le dimanche). La F1 a assoupli la règle en cas de changements de conditions liées à la pluie, mais on devrait pouvoir davantage pousser les changements de réglages pour avoir les meilleures voitures possibles.

Quid de la partie hybride dans les moteurs F1 ?

Grande nouveauté de cette saison 2026 de Formule 1 : les moteurs disposent désormais d’une puissance électrique beaucoup plus importante, avec une part de puissance moteur thermique et électrique quasi équivalente. Cependant, durant les essais hivernaux de Bahreïn, nous avons pu voir des phénomènes inquiétants pour notre sport, dont le turbo-lag (puissance du moteur arrivant avec un délai) ou le de-rating (perte de vitesse en ligne droite).

En MotoGP, tous les constructeurs disposent d’un moteur V4, un moteur… 100% thermique. La raison est simple : installer une batterie sur une moto serait très pénalisant pour les pilotes, pour le plus grand bonheur des fans qui en prennent plein les oreilles (bruit des moteurs) et les yeux (les motos sont vives et puissantes).

Notre avis : la Formule 1 ferait bien de s’inspirer du MotoGP et de retirer toute la partie électrique du moteur, d’autant plus qu’elle dispose désormais d’un carburant 100% bio. Si elle souhaite plus d’électrique, la FIA peut se tourner vers la Formule E. Cela permettrait notamment de retrouver des voitures puissantes et des moteurs qui rugissent. Peut-être pour 2030 ?

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Et si la Formule 1 reprenait au MotoGP le système de concessions ?

Revenons aux moteurs avec le système de concessions, un point clé du MotoGP qui a été adapté en Formule 1 avec la notion d’ADUO (Additional Development and Upgrade Opportunities). L’ADUO permet aux écuries de F1 étant le plus en retrait d’obtenir des opportunités de développement supplémentaires pour combler leur retard. Ceci a été mis en place à l’aube de cette saison 2026 afin d’éviter une domination similaire à Mercedes en 2014, à savoir de trop grands écarts entre les motoristes.

En MotoGP, le système est beaucoup plus poussé. En effet, en fonction de leurs performances, les écuries disposent d’une note qui va de A (la meilleure) à D (la pire). Si une équipe dispose de la pire note, elle disposera ainsi de plusieurs opportunités, qui concernent notamment :

  • Les moteurs : plus de moteurs autorisés par saison, avec un développement du moteur autorisé en cours d’année

  • Les tests : plus de tests privés accordés aux pires équipes

  • Les pilotes d’essais : plus de pilotes d’essais ayant le droit de rouler sur les Grand Prix, et moins de restrictions sur les pilotes de test

Le tout étant de permettre aux équipes les moins bien classées de combler le plus rapidement leur retard et ainsi maintenir un plateau compétitif et homogène. On l’a vu en 2025 : Yamaha et Honda ont pu davantage développer pour combler leur retard face à Ducati, avec toutefois une fortune différente selon les équipes…

Notre avis : même si la Formule 1 est tout de même plus homogène que le MotoGP, la saison 2026 peut éventuellement déboucher sur des écarts importants entre les écuries. Cela pourrait être intéressant de remettre des sessions d’essais privés pour les équipes les plus en retrait ou de leur donner plus d’opportunités de développement pour rattraper leur retard (exonérées du plafond budgétaire). Même si malheureusement, les écuries de F1 n’auront jamais le même budget, et donc ne seront jamais égalitaires (contrairement au MotoGP, où seuls les grands constructeurs sont présents).

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Le format des week-ends : où la Formule 1 peut s’inspirer le plus du MotoGP

En Formule 1, le format des weekends est assez normé depuis un certain temps :

  • 3 séances d’essais libres (vendredi et samedi)
  • une séance de qualifications (samedi)
  • le Grand prix (dimanche)

Ce format a légèrement évolué, avec l’apparition des courses sprint, qui voient une séance d’essais seulement, deux séances de qualifications (sprint et Grand Prix) et deux courses (sprint et Grand Prix), afin d’avoir du suspense chaque jour.

En MotoGP, le système actuel existe depuis mi-2023 et permet au spectateur d’avoir un temps fort tous les jours :

  • une séance d’essais libres le vendredi
  • une séance d’essais qualificatifs le vendredi (où les 10 premiers sont automatiquement qualifiés pour la Q2, les autres devant passer par la Q1)
  • une séance d’essais libres le samedi
  • une séance de qualifications le samedi (avec une Q1 où les 2 premiers pilotes pourront participer à la Q2, et la Q2 qui détermine l’ordre de départ de la course sprint et du Grand Prix)
  • une course sprint le samedi
  • une séance de warm-up le dimanche
  • le Grand Prix le dimanche

Notre avis : même si la Formule 1 ne pourra pas transposer à 100% le modèle du MotoGP avec des courses sprint tous les weekends (et nous n’aimerions pas), elle peut récupérer le format de qualifications, afin de donner plus de temps forts, plus de visibilité à des équipes qui n’ont pas toujours l’occasion de passer à la télévision en Q1 et plus de suspense. Ceci afin de supprimer définitivement le sprint ?

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Vous l’aurez compris, la Formule 1 peut encore s’améliorer (notamment sur les formats des weekends et l’homogénéisation du plateau) et elle pourrait bien se tourner du côté du MotoGP pour explorer de nouvelles idées. D’autant plus que les deux disciplines sont en train de se rapprocher comme jamais. Attention cependant de ne pas casser l’ADN de la discipline au profit de l’argent, cet ADN étant l’innovation et la compétition avec les moyens dont on dispose.

 

Et vous, quelles règles du MotoGP transposeriez vous en Formule 1 ? N’hésitez pas à débattre dans les commentaires 🙂

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