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Problèmes pour Aston Martin F1 en 2026 : c’est grave docteur ?

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Flashback : nous étions en 2023. Fernando Alonso avait rejoint l’écurie Aston Martin et avait signé la bagatelle de 8 podiums, une délicieuse surprise pour une équipe qui n’avait pas fait mieux qu’un seul podium en Azerbaïdjan en 2021. Le pilote espagnol n’était plus très loin de sa fameuse 33e victoire et tout le monde la voyait arriver très vite. De bonne augure pour la suite ? Pas vraiment : l’équipe a ensuite stagné pour ensuite rétrograder au classement et rentrer dans le rang du « mid-field ».

Alors quand le règlement 2026 a pointé le bout de son nez, l’écurie basée à Silverstone a tout de suite fait l’impasse sur l’année 2025 pour mieux se concentrer sur ce changement réglementaire. Malheureusement, le début de l’année 2026 n’augure rien de bon pour Aston Martin F1 : des problèmes à répétition qui donnent (pour l’instant) des sueurs froides à Adrien Newey, le nouveau directeur d’équipe. Quelles sont ces difficultés d’Aston qui patine et pouvons nous voir une lueur d’espoir ? Décryptage…

Un grand sacrifice appelle de grandes attentes

Comme évoqué précédemment, dès le début de la saison 2025, Aston Martin a fait une croix quasi totale sur la saison 2025 pour concentrer toutes ses ressources sur 2026. En effet, avec le budget plafonné en Formule 1, les écuries ne peuvent pas dépenser comme elles le souhaitent, et cette décision semblait logique, tant le développement de la monoplace était dans une impasse.

D’autant plus que deux petits nouveaux ont fait leur apparition dans l’écurie : Adrien Newey et Honda :

  • Le premier est un ingénieur britannique de renom, participant aux succès de Williams, McLaren et de Red Bull, soit 12 titres de champion constructeur, 13 titres pilotes et a conçu 14 monoplaces championnes. Un CV qui lui a valu d’être anobli par la reine Elizabeth II (s’il vous plaît) et une réputation de légende dans les paddocks
  • Le deuxième est un motoriste qui a tout de même remporté 8 titres constructeurs et 9 titres pilotes, dont les plus récents avec Max Verstappen et sa Red Bull (2022 étant gagné par l’entité RBPT)

Alors quand deux grands noms du sport automobile s’associent, et quand l’écurie décide de consacrer presque toutes ses ressources de 2025 dans la saison 2026, on se met déjà à rêver de la 33e victoire de Fernando Alonso, ainsi qu’à son 3e titre de champion du monde. Pourtant, Aston Martin F1 s’est confronté à des problèmes qui font de l’écurie britannique (pour l’instant) une équipe très loin de ses standards.

Le principal problème d’Aston Martin F1 : le retard dans le développement

Si l’écurie britannique devait servir une nourriture dans sa cantine en fonction de l’humeur du moment, cela serait la soupe à la grimace. En effet, le principal problème d’Aston Martin est le retard. En effet, l’équipe a accumulé un retard structurel important à cause de nombreux contretemps en usine, notamment sur le moteur. Honda sortant en effet d’un engagement avec Red Bull, il a fallu basculer tous ses ingénieurs chez Aston Martin en très peu de temps, ce qui a forcément causé de nombreux problèmes de conception.

De fil en aiguille, un retard en appelant un autre, ce sont tous les éléments de conception de la voiture qui se sont vus retardés. Au point de rater une majorité des premières journées de tests à Barcelone et en roulant relativement peu en Catalogne et à Bahreïn. En effet, difficile de concevoir un setup optimal ou d’optimiser l’aérodynamisme de la voiture avec peu de tours de roulage (128 tours lors de la deuxième session d’essais de Bahrein, contre 266 pour Cadillac et bien loin des 413 tours de Mercedes).

Une véritable course contre la montre qui pénalise tout le monde et qui n’augure rien de bon.

Autre problème d’Aston Martin F1 : la performance du moteur Honda et son intégration

Premier élément très critiqué sur la voiture : le moteur Honda. Le constructeur japonais a accumulé un retard de conception assez important, ce qui a eu un impact significatif pour ce nouveau moteur, qui a rencontré de nombreuses pannes et soucis de fiabilité durant les essais. Entre vibrations, surchauffe, pertes de puissance ou puissance n’arrivant pas complètement et mauvaise intégration avec le châssis Aston Martin F1, les problèmes sont de taille.

Pour compenser cela, l’équipe a effectué des ajustements en créant des ouvertures supplémentaires (que l’on appelle des ouïes d’ouverture) permettant de mieux refroidir le moteur, au détriment de l’aérodynamique (moins ces ouïes sont grandes, mieux c’est pour l’aéro). Cependant, ceci n’a pas l’air très efficace pour l’instant, le moteur étant toujours aussi capricieux… tout comme le reste de la voiture !

Et pour couronner le tout, une voiture peu fiable et souvent en panne !

Au delà des retards et du moteur, de nombreux incidents et pannes ont perturbés les tests d’Aston Martin : boite de vitesse fragile qui n’est pas capable de supporter les hauts régimes, réglages capricieux du frein moteur qui entrainent de l’instabilité en entrée de virage, nombreux blocages dans les virages, de nombreux éléments qui se décrochent de la voiture. Ajoutez cela aux problèmes moteur et vous avez une ambiance loin d’être au beau fixe.

Et en piste alors ? Plusieurs drapeaux rouges provoqués par Lance Stroll et Fernando Alonso, les deux pilotes d’Aston Martin F1, suite à des problèmes de fiabilité ou des pertes de contrôle inexplicables, ce qui donne un bon mal de crâne. Et le clou du spectacle : on a tout remballé dès le 3e après midi ! Bientôt un sponsor d’aspirine pour Aston Martin ?

Bien entendu, il est préférable de rencontrer ces problèmes maintenant que lors des weekend de Grand Prix, mais ce genre de casse tête n’est jamais agréable, surtout pour un Adrian Newey fraichement promu directeur d’équipe.

Il y a tout de même du positif, docteur ?

Même si le tableau dépeint est assez déprimant, l’équipe anglaise travaille d’arrache pied à Silverstone, de concert avec le motoriste japonais, sur les éléments à corriger en priorité avant le premier Grand Prix en Australie (6-8 mars) : fiabilité du moteur, fiabilité de la boîte de vitesse, collecte de données fondamentales pendant les essais (comportement de la voiture et setups de base), sans forcément chercher la performance pure.

Et ensuite ? Même si certains problèmes seront corrigés au fur et à mesure du temps, il n’est pas exclu que de nouveaux problèmes apparaissent pendant d’autres séances d’essais, et le peu de roulage à Bahreïn et à Barcelone n’est pas rassurant. En même temps, nous allons enfoncer une porte ouverte, une voiture conçue avec du retard et qui roule peu n’est généralement pas compétitive… Et au vu du peu de temps qu’il reste avant l’Australie, des rumeurs de ne pas participer au Grand Prix s’intensifient.

Ce qu’en disent les pilotes

Principales « victimes » de cette situation, les pilotes Aston Martin F1 ont de quoi être décontenancés par les problèmes que rencontre l’écurie britannique. Si Fernando Alonso admet que l’équipe « n’est pas là où elle devrait être », il est tout de même confiant pour la suite, grâce à une grande croyance en la capacité d’Adrian Newey à redresser la situation, et des solutions déjà trouvées pour corriger quelques soucis.

Quant à Lance Stroll, le son de cloche est bien différent : « on a l’air d’être à quatre secondes des meilleurs » tonne le pilote canadien, qui évoque également de nombreuses incertitudes et de nombreux tours à rattraper suite aux essais manqués. Toutefois, comme son coéquipier, Stroll se concentre sur les améliorations et les principaux correctifs à apporter au fur et à mesure.

Pas de panique donc, mais un aveu clair d’être bien en difficulté et en retrait avant le Grand Prix d’Australie…

Problèmes d’Aston Martin F1 : on en pense quoi ?

Alors qu’on nourrissait de grandes ambitions pour l’écurie britannique, qui pouvait être légitimement considérée comme un sérieux candidat aux titres pilote et constructeur, le retour à la réalité fait mal. Comme de nombreuses fois en Formule 1, des soucis d’exécution ont pour l’instant raison des ambitions d’Aston Martin, qui est bien engluée dans ses problèmes. Aston Patine, et ce n’est pas prêt de s’arrêter…

Même si Adrian Newey est considéré comme un génie de la Formule 1, il ne faut pas oublier qu’il a du respecter une période de « préavis » après son départ de Red Bull, et qu’il n’est arrivé dans le projet Aston qu’en mars 2025 (c’est peu de temps sur une réglementation de cette envergure). De plus, il a déjà conçu des voitures « trop extrêmes » en termes aérodynamiques, en conflit avec les éléments mécaniques (moteur, boite de vitesses, etc…). La McLaren de 2003 en sait quelque chose (voiture trop complexe aérodynamiquement qui n’a finalement jamais roulé par manque de refroidissement moteur entres autres).

Enfin, comment ne pas avoir une pensée pour Fernando Alonso, qui doit revivre en ce moment les années McLaren – Honda comme un stress post traumatique ? L’espagnol n’a pas toujours fait les bons choix dans sa carrière après son départ de Renault en 2006, et il se pourrait bien qu’il tire bientôt sa révérence sans cette fameuse 33e victoire (pourtant très proche en 2023) qu’il attend depuis Barcelone 2013 ! Que le monde de la F1 est cruel…

 

Et vous, que pensez-vous de la situation d’Aston Martin F1 et de ses problèmes de fiabilité ? N’hésitez pas à en débattre dans les commentaires 🙂

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