Alors que la saison 2026 de F1 continue sa pause forcée après l’annulation des Grand Prix de Bahreïn et d’Arabie Saoudite, il est temps de faire un premier bilan intermédiaire des forces en présence. Qui performe ? Qui est en retrait ? Qui doit être craint dans le bon et dans le mauvais sens du terme ? On fait le point !
Mercedes, leader sans forcer
S’il y a bien une équipe qui a parfaitement négocié le virage de la nouvelle réglementation F1 2026, c’est bien l’écurie Mercedes. 135 points au championnat constructeur (soit 45 points d’avance sur le deuxième) et trois victoires en autant de Grand Prix disputés, le favori annoncé lors des essais de Bahreïn n’a pas déçu. En effet, l’équipe récolte le fruit de son bon travail à l’usine, en ayant conçu un moteur performant (illégal diront certains) et un châssis sain et stable à en croire les onboards. Une voiture agréable à conduire et performante, que demander de plus ?
En revanche, la surprise provient de l’identité du leader du championnat des pilotes. Là où on pouvait s’attendre à une domination de George Russell, c’est finalement son jeune coéquipier italien Kimi Antonelli qui occupe la tête du classement, à la faveur de deux victoires et une deuxième place (contre une victoire et une deuxième place pour le pilote britannique). Rien de très alarmant à ce stade, cependant, si George Russell se fait encore dominer par son coéquipier, cela va vite devenir un problème et questionner son futur en tant que leader de l’écurie…
Quoi qu’il en soit, la saison est encore longue, et bien malin qui pourra prédire le futur. Cependant, nul doute que Mercedes se place comme un sérieux concurrent à la victoire finale, et il y a de fortes chances que le pilote soulevant la coupe du championnat pilotes en 2026 pourrait être un pilote de la firme allemande…
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Ferrari, un solide deuxième dans le coup mais encore loin de Mercedes
On attendait beaucoup de la Scuderia Ferrari en 2026 après une saison 2025 très compliquée : aucune victoire à son actif malgré une voiture revue à 99%. La voilà solidement installée en deuxième place du championnat constructeurs (avec 44 points d’avance sur le troisième). Point positif à noter, une voiture relativement saine, avec un châssis très performant dans les virages lents. En revanche, l’écart avec Mercedes se fait déjà ressentir, la faute à un moteur moins puissant que l’écurie allemande (gestion thermique et électrique).
Quid des pilotes me direz vous ? Une magnifique bataille sans merci (mais dans le respect) entre Charles Leclerc et Lewis Hamilton, qui a donné des sueurs froides au muret des stands en Chine et au Japon. Ce qui débouche sur 3 podiums à l’arrivée en autant de courses, une régularité importante en cette année de changement réglementaire. Néanmoins, malgré des départs canons, on sent que les pilotes ne peuvent pas prétendre à plus pour l’instant.
Ce qui est intéressant de noter, c’est la sérénité de l’équipe italienne, que l’on avait pas vu depuis un bon moment. On sent l’équipe sûre de sa force et les prochaines évolutions à Miami seront intéressantes à observer. Attention à ne pas trop prendre la confiance, surtout quand on a derrière soi une écurie aux couleurs papaye qui a les crocs…

McLaren : une équipe dans le match, mais pas encore fiable
Troisième du classement du championnat constructeurs, l’écurie double championne du monde en titre : McLaren. Avec 46 points en 3 Grand Prix, on peut clairement se dire que l’écurie a reculé d’un cran par rapport à l’année dernière. Cependant, si on se penche sur leur cas de plus près, on s’aperçoit que l’équipe compte déjà 3 « DNS » (Did Not Start, ou « Non Partant »), dont un zéro pointé en Chine où les deux voitures n’ont pas pu prendre le départ à la suite de problèmes de fiabilité !
Ainsi, difficile d’établir un véritable bilan de la saison 2026 de F1 pour McLaren, tant la fiabilité a vraiment posé des problèmes à l’écurie. L’un des patrons de l’équipe papaye, Andrea Stella, a même chargé leur fournisseur moteur (Mercedes), en l’accusant de ne pas fournir le même moteur qui équipe ses voitures à ses écuries clientes. Cependant, on sent que la voiture est tout de même bien née, et cela s’est vu sur la course Sprint en Chine (bonne performance globale) et au Japon (avec un Oscar Piastri dominant une bonne partie de ce Grand Prix).
Même si McLaren n’est pas là où elle devrait être, elle limite tout de même la casse, car il est plus difficile d’être une écurie cliente qu’une écurie « constructeur » lors d’un changement de réglementation. Toutefois, des évolutions (et une meilleure fiabilité) devraient bien aider les papayes, avec le souhait de titiller Ferrari voire Mercedes ?
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Haas et Alpine à la bataille
Alors qu’on attendait Red Bull en quatrième place du championnat constructeurs, ce sont finalement les écuries Haas et Alpine qui occupent les 4e et 5e places de ce classement. Une surprise me direz vous ? Pas vraiment, tant on a vu de bonnes choses sur ces voitures lors des essais de Bahreïn (Pierre Gasly dit même que l’Alpine de 2026 est la meilleure voiture qu’il ait jamais conduit). L’écurie américaine et britannique sont désormais les deux meilleurs écuries du peloton, avec au moins un point inscrit lors des 3 Grand Prix (sprint de Chine exclue), au nez à la barbe des autrichiens, et c’est rafraichissant !
Concernant les pilotes de ces écuries, on peut clairement dire que Pierre Gasly (Alpine) et Oliver Bearman (Haas) dominent leur écurie, avec respectivement 15 et 17 points inscrits (sur 16 et 18 points au total). Même si on attendait pas grand chose de Franco Colapinto, on ne peut que s’interroger sur la situation d’Esteban Ocon, qui n’a inscrit qu’un point en 3 Grand Prix et qui souffre face à son coéquipier en ce début de saison. Malchance ou ascendant psychologique définitif ? Quoi qu’il arrive, il faudra vite relever la tête pour éviter de voir sa carrière en F1 (chez Haas dans un premier temps) se terminer prématurément…
Quoi qu’il en soit, la bataille entre les deux écuries sera à surveiller, et les évolutions également. La mission sera simple : continuer d’engranger des points et de jouer les troubles fêtes dans ce peloton de F1.

Red Bull : une écurie en déliquescence qui interroge
On attendait l’écurie autrichienne en 3e ou 4e position derrière les Mercedes et Ferrari, on retrouve finalement Red Bull… à la sixième place du championnat constructeur ! Une situation qui interroge, d’autant plus que l’écurie mère ne se retrouve qu’à deux points… de l’écurie fille Racing Bulls. Avec toutefois, et il est important de le rappeler, deux abandons en 3 Grand Prix (Hadjar en Australie et Verstappen en Chine) suite à des problèmes de fiabilité.
Pour l’instant, difficile de vraiment jauger les pilotes de l’écurie aux taureaux, tant les problèmes sur la voiture sont importants. En effet, bien que le moteur soit très puissant (le 2e meilleur de la grille ?), le châssis de la voiture est un échec et ne donne pas satisfaction aux conducteurs. D’ailleurs, et ce n’est plus un secret pour personne : Max Verstappen déteste cette nouvelle réglementation 2026, et ses envies de départ sont de plus en plus grandes. Surtout avec le départ prochain de son ingénieur de course, Gianpiero Lambiase, pour McLaren…
On espère donc que les évolutions vont vraiment apporter un plus à l’écurie Red Bull et la remettre au premier plan. Autrement, l’écurie sera condamnée à une nouvelle phase de transition, qui pourrait également entraîner le départ de son pilote star !
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Williams en net recul
Si on devait trouver une écurie autre que Red Bull au rang des déceptions, on peut largement placer Williams dans cette liste. 2 points en 3 Grand Prix, un DNS (en Chine), autant dire que 2026 ne commence pas sous les meilleures auspices pour l’équipe de Grove. On est très loin des ambitions affichées par l’écurie et de la saison 2025 où l’équipe avait déjà inscrit 19 points. Même si Williams est motorisée par Mercedes, les retards accumulés lors de cet hiver pèsent lourd en ce début de saison.
Les retards pèsent lourd… et la voiture aussi ! En effet, la voiture semble largement en surpoids, ce qui n’aide pas à performer malgré le meilleur moteur de la grille. Ajoutez à cela un déficit aérodynamique et un comportement de voiture instable, et vous obtenez une écurie en 9e place du championnat constructeurs… et des déclarations alarmistes de la part de Carlos Sainz. Même si seuls 3 Grand Prix ont été disputés, il va falloir vite se ressaisir.
Comme pour Red Bull, on espère que la pause d’un mois va faire du bien à l’écurie de Grove, afin de tenter de rattraper le retard de Barcelone et de mieux comprendre la voiture et son moteur. Rebond attendu à Miami !

Aston Martin : Aston patine, comme attendu
Au rang des déceptions toujours, s’il y a bien une écurie qui ne nous a pas vraiment surpris, c’est Aston Martin. Alors que Williams était plutôt au stade « inquiétant », l’écurie de Silverstone est au stade « critique », voire « dramatique ». 3 Grand Prix en enfer pour une écurie qui avait annoncé viser le titre en 2026 (et qui avait sacrifié la saison 2025 pour cela). Pas de rythme, pas de fiabilité, et 4 abandons ? Le résultat est donc sans appel : pas de points ! Seul point positif : Fernando Alonso a terminé le Grand Prix du Japon (oui oui, vous avez bien lu…) pour obtenir des données cruciales dans le développement.
Bien entendu, le gros problème d’Aston Martin concerne la fiabilité du nouveau moteur Honda, qui ne fournit pas assez de puissance et qui entraîne des vibrations, rendant la voiture inconduisible et détériorant prématurément d’autres pièces ! Ajoutez à cela très peu de roulage lors des essais pour bien comprendre la voiture, et vous avez un projet qui tourne au fiasco. Adrian Newey a d’ailleurs été remplacé en tant que team principal par Jonathan Weathley pour qu’il puisse mieux se concentrer sur la conception de la monoplace. Ambiance digne d’une situation de crise, et très rare en Formule 1 en matière d’amateurisme…
Même si on se doute bien que gagner le titre en 2026 va s’avérer très compliqué, la pause arrive à point nommé pour Aston Martin, afin de fiabiliser sa voiture et mieux la comprendre. Pour espérer marquer enfin des points dès le retour de la F1 à Miami ?
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Les mentions honorables
Nous ne pouvions pas terminer ce premier bilan de la saison 2026 de F1 sans des mentions honorables, car trois équipes méritent d’êtres citées pour leur bon travail, même si cela ne paye pas forcément sur le plan comptable.
Commençons par Audi, qui occupe la 8e place du championnat constructeur. Contrairement à Williams, qui possède le même nombre de points que l’écurie allemande, Audi a fait un début de saison plutôt encourageant (avec de bonnes qualifs notamment) qui n’a malheureusement pas toujours été récompensé en course. Le moteur est relativement sain, la voiture aussi, mais les stratégies et les pit stops ont été perfectibles, tout comme les départs. Encouragements, mais peut mieux faire !
Ensuite, Racing Bulls, l’écurie « fille » de Red Bull, qui ne dispose que de 2 points de retard… sur l’écurie mère ! Un début de saison discret donc, mais assez solide, avec un duo de pilotes Liam Lawson et Arvid Linblad (un rookie on le rappelle) qui performe. L’équipe est solide, n’hésite pas à aller chercher les opportunités et profite à fond des erreurs des autres (ainsi que leur manque de fiabilité). Encouragements appuyés, et n’hésitez pas à aller chercher Red Bull Racing au championnat, juste pour le fun 🙂
Enfin, la nouvelle venue, Cadillac ! Pas de surprise : 0 points après 3 Grand Prix. Le bilan est certes peu reluisant, cependant, on sent un projet qui prend forme, avec une voiture qui roule, une progression tout au long des weekends et peu d’erreurs majeures en course. N’oublions pas qu’il s’agit d’une année zéro, donc une année d’apprentissage. Et avec un projet qui semble bien parti, cela ne peut que progresser. Encouragements du jury également, élève méritant qui doit persévérer !
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Vous voilà désormais bien au fait des forces en présence en cette saison 2026 de F1 et malgré 3 Grand Prix, une tendance semble déjà s’installer. Cependant, la pause forcée d’avril va sûrement rebattre les cartes et relancer la guerre au développement que l’on attend tant. On attend désormais une décision de la FIA concernant la suite de cette réglementation 2026, qui pourrait également changer la donne. Quoi qu’il en soit, on a hâte que la saison reprenne !
Et vous, cette première partie de saison F1 2026, vous en pensez quoi ? Quel bilan pouvez-vous déjà en tirer ? N’hésitez pas à en débattre dans les commentaires

